mercredi 6 octobre 2010

普通话 / Le Putonghua

  
Le Putonghua (langage commun) est langue officielle en République Populaire de Chine, Taïwan et Singapour. Elle est issue de la variante pékinoise du Mandarin, lui-même composé d’un mix de dialectes chinois parlés dans les provinces du nord, du centre et du sud-ouest du pays. Dans l’usage courant, Mandarin désigne en Occident la langue chinoise contemporaine, alors que pour les linguistes ce terme se réfère uniquement au groupe de langues dont elle fait partie.
D’autres groupes particuliers de langues existent également en Chine continentale, dont les plus importants sont le Wu, que l’on trouve dans la région «Nanjing-Shanghai-Hangzhou-Suzhou» (bien que le shanghaien, très répandu du fait de la taille gigantesque de la ville, ne soit qu’un patois), et le Cantonais dans la pointe sud, Hong Kong et Macau.
Depuis le XIVe siècle, des efforts constants sont faits pour mettre au point un langage susceptible de permettre au pouvoir central de communiquer avec son administration. La langue de la Cour et des Officiels (ces derniers appelés à tort Mandarins par les Portugais), s’est d’abord intitulée Guanhua, et subit l’influence du parler de Nanjing lorsque cette ville était capitale de l’Empire, puis ensuite de Beijing dont les standards de prononciation devinrent la norme. Ce qui n’évitait pas, encore au 19e siècle, la survivance de difficultés de communication entre l’Empereur et des fonctionnaires peu familiarisés avec les us et coutumes.
A l’établissement de la République de Chine, en 1912, la promotion d’un langage national commun s’intensifie, bien qu’une littérature en langues régionales continue de se développer parallèlement. En 1932, la Commission de standardisation publie "Le Vocabulaire de Prononciation Nationale pour l’Usage Quotidien".
La République Populaire de Chine est instituée en 1949: l’effort d’harmonisation est soutenu et, en 1955, le terme Putonghua (langage commun) vient remplacer celui de Guoyu (langue nationale) adopté par le Guomindang. Tout au long du XXe siècle, des mesures de simplification sont poursuivies, tant au niveau de la langue que de l’écriture (qui n’avait, elle, pratiquement pas changé depuis l'aube des siècles).
Le Putonghua à la mode de Beijing est marqué par l’accent des anciens quartiers mandchous de la capitale, où habitaient les membres des clans alliés à la dernière dynastie Qing (cavaliers nomades des steppes, proches des Mongols): chuintements fréquents ponctués de sons gutturaux et langue roulée pour les syllabes finales en "-er". Toutefois, chaque Chinois garde l’accent de sa région natale lorsqu’il s’exprime en Putonghua, même lorsqu’il est arrivé au sommet du pouvoir: les initiés identifient instantanément l’accent d’un Mao Zedong, d’un Zhu Enlai ou d’un Deng Xiaoping, sans parler de contemporains comme Hu Jintao et Wen Jiabao, ou même du dauphin Xi Jinping.
Pour les personnes peu sujettes à la migraine, j'ajouterai que, outre ce que l'on a vu plus haut, la langue chinoise peut prendre diverses dénominations dont la subtilité m'échappe encore: Zhongwen, Hanyu, Zhongguohua.

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